Histoire de lumières .¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯un vertige puis le silence .& ça fait mal, crois moi, une lame, enfoncée loin dans mon âme .

Histoire de lumières .¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯un vertige puis le silence .& ça fait mal, crois moi, une lame, enfoncée loin dans mon âme .
WILKOMMEN
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« J`avais rien demandé à personne .
Plus rien ne me retenais ici .& puis
j`ai réalisé que j`avais vraiment
touché le fond; j`ai eu peur, brusquement .
Mais je m`en suis sortie, malgré moi ... »
. . . . . . . .
Nana version 3; production ` ©

In Die Nacht ( 8 )
¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯
____________________Tu es tout ce que je suis, & tout ce qui coule dans mes veines ... ~

# Postato domenica 20 aprile 2008 08:35

Modificato lunedì 25 agosto 2008 08:37

. Chapitre n° 1 .

__PDV D`IRIS__

J`ère, sans but précis, parmi toutes ces rues ... vides. J`étouffe mes larmes, je ne veux pas tout lâcher, pas maintenant, pas comme ça. Est-ce à moi de me remettre en question? Il veut tout oublier, & moi je veux juste savoir, comprendre. C`est normal, pourtant. Je ne le suis plus. Pourquoi est-ce
qu`il réagit comme ca? Comment peut-il penser des choses pareilles?


Le passé appartient au passé, Iris; il faut laisser au temps ce qui lui revient.

Pourtant, lui aussi il le connaissait, peut-être même mieux que moi. C`était son meilleur ami, bordel. Lâche. C`est le seul mot qui me vient à l`esprit. Lâche parce qu`il préfère tourner la page, choisir la facilité, plutôt que de souffrir un bon coup mais au moins, savoir ce qui c`est passé. Je suis convaincue qu`on le retrouvera, oui on le retrouvera, et alors il me prendra dans ses bras, il mettra sa tête dans ma nuque, et je respirerai son odeur, et je ... Un hoquet, une douleur, un cri. Comment puis-je être assez stupide pour croire qu`il vit encore. Je ne veux pas me rendre à l`évidence, pourtant un espoir persiste. Je le balaye d`un revers de larmes. Je tombe à genoux, mes jambes ne me soutiennent plus. Ma force m`abandonne, un peu plus de jour en jour. Ma rage augmente. S`il était devant moi, je lui hurlerai ma peine. Mais j`ai préféré partir, parce qu`au fond je savais que si j`explosais, je le perdrais lui aussi ... Et il est tout ce qui me reste. Je me balance en arrière, m`assois contre le pavé humide de cette petite ruelle. Ce Paris là n`est pas le même la nuit. C`est comme ça que je l`aime. Qu`on l`aimait. Arrêtes de pleurer, t`es lamentable comme ça. S`il te voyais dans cet état, tu crois qu`il serait fier de toi? C`était l`Iris forte qu`il connaissait, celle qui affrontait ses problèmes la tête haute, à qui rien ne faisait peur. Oh pardonnes-moi mon amour, pardonnes-moi. C`est si dur sans toi. Je sors sa photo de la poche de ma veste. Je la porte toujours contre moi, là, tout prêt de mon coeur. Il est si beau ... Il sourit et me regarde. Arrête, je t`en supplie. Me regardes pas comme ça. La boule dans ma gorge me lance douloureusement. J`ai accumulé ces dernières heures une rage beaucoup trop forte pour moi. Ma haine se retourne contre la photo. Perte de contrôle. Et je lui hurle des mots atroces dans ma tête. Pourquoi tu m`as abandonné, hein? Pourquoi? T`es qu`un connard, un sale connard. Comment t`as pu me faire ça, hein? Comment t`as pu me lâcher comme ça, sans prévenir? Enfoiré. Je le hais et je l`aime, à l`infini . Sentiments inexplicables, opposés & soudés ...



__PDV DE TOM__

Je suis mort. J`ai trop bu, ma tête me fait mal, mon corps n`est plus qu`à moitié contrôlable. Georg est dans le même état. Gustav est à peu près normal; seul Bill est parfaitement a jeun. Il n`a rien bu, rien du tout. Cette soirée était pourtant excellente. Je regrette un peu d`avoir ingurgité autant d`alcool; nous quittons les lieux à regret. Bill propose une petite marche pour nous aérer, seulement quelques minutes. J`accepte, Gustav aquièce en silence, Georg n`a sûrement pas entendu. La nuit est froide, un vent frai me frôle le visage. J`avance en titubant, tout me semble flou, indistinct. Peu à peu, mes idées se brouillent. Georg me saisit le bras, et nous entamons durch den monsun gaillardement sous les regards apitoyés de Bill et Gustav. Je les vois se dire quelque chose, je ne me préoccupe pas de savoir quoi. Nous nous enfonçons petit à petit dans les profondeurs de Paris. J`aime cette ville, elle me rends complètement euphorique. Brusquement, les claquements de semelles propre à mon jumeau se taisent . Bill s`est arrêté de marcher. Je me retourne, et je reconnais sa tête malgré mon état d`ébriété avancé.


- On est perdu, hein.
- Mais, heu ... Pas du tout!
- Bill c`est bon ... hic ... Même bourré je sais quand ... hic ... t`es contrarié !

Les rires de Georg se mêlent aux miens. Gustav ne semble pas trouver la plaisanterie très drôle, Bill encore moins. Il fait une moue véxée.


- Bon, on fait demi tour, et puis on prendra à gauche, par là.

Il montre du doigt une ruelle qui ne me dit absolument rien. Je me tais, étant donné qu`on ne prendra pas au sérieux la démarche instable et les hic entrecoupant mes phrases. Gustav semble douter lui aussi, mais craint sûrement que Bill ne se renfrogne encore plus s`il intervenait. Je n`ose même pas regarder Georg. Finalement, il est encore pire que moi ... Il avance en feuille morte, quatres pas à gauche, six à droite. Ca serait presque drôle s`il n`hurlait pas JE SUIS LE ROI DU MONDE en brandissant ce qui semblerait être un gouvernail de bâteau. Nous pénétrons dans la rue étroite choisie par mon frère. Non, je suis persuadé que nous ne sommes jamais passé par là. J`ai bau être bourré, je possède quelque chose que mon jumeau n`a pas: le sens de l`orientation. Je m`apprête à lui expliquer que nous ferions mieux de rebrousser chemin lorsqu`un bruit brise le silence de la ruelle. Bill nous fait signe de nous taire, ce que nous faisions déjà, il me semble. J`essaie d`écouter un peu plus distinctement. Le bruit recommence. Quelqu`un pleure, je crois. Nous nous approchons silencieusement. Peu à peu, une silhouette se forme devant mes yeux. C`est une fille, le ton un peu aïgu des sanglots et des cheveux qui tombent en cascade me le confirme. Sans me poser plus de question, je m`approche en sifflotant; Bill me retient par le bras. Je me dégage violemment: depuis quand me dicte t`il mes faits et gestes, celui-là? Je me rapproche d`elle sous le regard outré de mon double; Georg c`est étonnement arrêté de se prendre pour Di Caprio, et Gustav est, comme d`habitude, muet. Elle est assise sur le bord du trottoir, et sert quelque chose dans ses mains. Son visage est mouillé de larmes. Elle à l`air d`être belle. Je me racle la gorge, une idée quelque peu déplacée surgit dans mon esprit.


- Bah alors poupée, ça va pas ? Tu veux que je m`occupe de toi ?

Immédiatement, Georg rit. Je sens mon frère décontenancé, comme à chaque fois que j`aborde une fille. Elle lève la tête vers moi, et son regard vire à l`ébène. Une ombre passe devant son visage ...

- Pauvre con !

- Hein O_o ?

Georg arrête de rire immédiatement; Je me retourne vers Bill, un air de dégoût profond déforme les traits de son visage. Gustav,les sourcils froncés, me fusille du regard. Les bruits de course s`éloignent, elle est déjà loin ... Sans comprendre, je reviens vers eux. Ces deux mots m`ont fait l`effet d`un éléctro-choc. Le brouillard se dissipe dans mon esprit, et un sentiment de honte m`envahit tout entier.


__PDV DE Bill__

Depuis plusieurs minutes, nous déambulons dans ces rues sombres et tranquilles. Je suis le seul à ne pas être complètement défoncé. Ce n`est pas l`envie qui me manquait, mais la volonté. Oui, j`ai eu la flemme de sombrer dans l`alcool, ce soir. Et quand je regarde mon frère et Georg, je ne regrette pas. Cet état là, je le fuis désormais. J`essaie de rester lucide 24/24, pour voir ce que ça fait. Je suis fatigué de toutes ces fêtes, tous ces sourires, tous ces éclats de rire, masques d`un monde beaucoup moins beau. A quoi bon faire semblant. On a pas eu d`adolescence, on est passé de gamins à adultes. On a été jeté dans le monde des grands beaucoup trop vite. On a rien vu, rien vécu. J`avance en ressassant tout ça, tout ce temps perdu. Je sors de mes pensées, et je réalise que je ne sais absolument pas où on est. Je tourne la tête à droite, à gauche; rien à faire, on est perdu. J`arrête de marcher, le son de mes talons résonne en écho dans la nuit. Tom se retourne vers moi; il me fait de la peine, dans cet état là. Je voudrais tellement qu`il arrête toutes ces conneries. Je sais que c`est un appel au secours inconscient qu`il lance à chaque seconde. Et je suis incapable de faire quoi que ce soit. Excuses-moi mon frère, excuses-moi. C`est ma faute si nous sommes embrigadés dans cette illusion perpétuelle. On ne peut plus reculer, j`en suis désolé.

- On est perdu, hein.

Son regard narquois ne me touche pas; le fait qu`il lise en moi comme si on ne faisait qu`un à du mauvais, parfois. D`un susceptible très prononcé, je ne peut m`empêcher de me vexer, & je bredouille quelque chose dont je ne suis que peu convaincu.

- Mais, heu ... Pas du tout!

Son expression accentue ma gène; je sais qu`il sait.

- Bill c`est bon ... hic ... Même bourré je sais quand ... hic ... t`es contrarié !

A cet instant, il me répugne. J`ai horreur de le voir dans cet état d`ébriété, complètement H-S. Oui, on c`est perdu, voilà. Tu veux peut-être prendre la direction des choses, complètement ivre et sans aucun point de repères ? Vas-y, je te laisse faire. Il attends une réponse, et je dis n`importe quoi pour simuler ma connaissance des lieux. Je tente de prendre un ton assuré et un air convaincu avant de leurs lancer:

- Bon, on fait demi tour, et puis on prendra à gauche, par là.

En réalité j`hésite à prendre cette rue; elles se ressemblent toutes... Georg m`effraie un peu, à vrai dire; il marche en zigzag, menace de tomber à chaque instant. Seul Gustav garde toute sa dignité, ou presque. Je lui chuchote discrètement un " merci de ne pas les avoir suivis dans leurs délires " auquel il répond par un hochement de tête. Il ne parle presque jamais, mais au moins, je sais qu`il est là. Nous avançons et je commence à avoir froid; sûrement la fatigue, il paraît que ça fait frissonner. Un bruit, un écho, arrive jusqu`à nous. Je leurs fait signe de se taire, instinctivement. Je veux comprendre l`origine de ce bruit; là-bas, assise sur un bout de trottoir, j`aperçois une silhouette. A moitié fondue parmi les ombres, je distingue une jeune-fille. Quel âge à t`elle? Je n`en sais rien. Nous nous rapprochons un peu plus, et je vois Tom accélérer le pas. Je tente de le retenir, il se dégage un peu trop brusquement. Je sens qu`il va jouer et qu`il va perdre; il m`agace sérieusement. Je l`entends siffloter, il se rapproche encore de l`inconnue, et lui lance avec un air un peu trop coquin,

- Bah alors poupée, ça va pas? Tu veux que j`m`occupe de toi ?


& elle à levé la tête.

& mon coeur s`est arrêté.


Juste le temps qu`elle le regarde, de ses yeux noirs. Ils ne brillaient pas, ou alors seulement à cause des larmes qu`ils contenaient. Son maquillage avait coulé, ce qui lui donnait un charme encore plus grand. De long cheveux rouges sombres, presque noirs longeaient un visage fin, aux traits réguliers. Elle avait des lèvres pâles, et les grands cils noirs qui encerclaient ses yeux donnaient à son regard une intensité fulgurante. On aurait dit une poupée, une de ces poupées de porcelaine que l`on ose à peine effleurer du regard tant elles semblent fragiles. Beauté douce & amère. J`eu l`impression qu`une ombre la traversait. Elle s`arrêta de pleurer, une fraction de seconde se passa. Et tout à coup, comme sortit de ses entrailles, une expression effrayante pris place sur son visage.

- Pauvre con !


Elle se leva, partit en courant.

& mon coeur se remit à battre.

Il me semblait qu `elle avait fait tomber quelque chose, mais je n`y fit pas attention, pas tout de suite. En la regardant s`éloigner, je réalise à quel point mon frère me dégoute. Je tourne alors la tête vers lui, il n`a visiblement rien compris. Il pue l`alcool et l`idiotie. Je lis sur ses traits sa prise de conscience: stupidité, indélicatesse et paroles puériles. Je ne prends même pas la peine de lui dire bravo, bien joué; il comprend tout seul. Il revient vers nous, honteux; et nous faisons demi-tour sans un mot. Tout à coup, je prétexte avoir fais tombé mon briquet par terre, et retourne sur mes pas en courant. Elle avait effectivement laissé tomber quelque chose. Je me baisse, et trouve dans le caniveau une photo détrempée; je ne l`observe qu`à peine pour me concentrer sur un bout de feuille plié en quatre. Je n`ai pas le temps de le déplier, j`entends Gustav me demander ce que je fabrique.

- J`arrive! Il ... il a du tombé dans une bouche d`égouts, je ne le retrouve pas ...
-Laisse tombé, allez viens!
- Oui, j`arrive, j`arrive ...

J`enfourne la feuille et la photo dans la poche de mon jean, et je reviens vers eux. Ils ne soupçonnent rien, et j`ai son image qui reste gravé dans mon cerveau, si belle ... & nous rentrons tant bien que mal à l`hôtel, grâce au bon sens de Gustav qui lui, sait se repérer.

# Postato mercoledì 23 aprile 2008 06:19

Modificato venerdì 09 gennaio 2009 08:09

. Chapitre n°2 .

__PDV D`IRIS__

Je presse sa photo toujours plus fort, autant que je le hais; autant qu`il me manque ... J`ai peur qu`elle gondole à force de verser des larmes sur son visage. Un bruit, lointain ... On crie quelque chose. Je fouille dans la poche interne de ma veste; et je ressors l`autre papier. Il représente tout pour moi. Avant d`en être satisfaite, j`ai du gommer, raturer, déchirer, hurler je ne sais combien de fois. Tant d`efforts pour ce qui me semble être l`élément réflecteur de mes sentiments, au millimètre près; une copie exacte de ce que je ressens, de ce que je vis, de ce qui coule dans mes veines. Un miroir fait d`encre et de papier. Souffrance ...
& le résultat est là, entre mes mains bleuies par le froid. Je déplie avec une précaution infinie mon trésor, et je le relis. Mes yeux parcourent à une vitesse folle ces lignes que j`ai mis tant de temps à écrire. Si vraies; si dures. La réalité me tombe dessus, une nouvelle fois. Je voudrai que tout disparaisse, remonter le temps, changer le cours des évènements. Ca c`est passé trop vite, trop tôt. Je n`étais pas prête, on ne l`était pas.

Des bruits de pas, quelqu`un approche. Quelle importance. Je replis le papier et avec mes sentiments à la con. Si je pleure maintenant, ce n`est plus que par dégoût. Je voudrais être forte, savoir affronter cette situation comme quelqu`un de 19 ans; mais je n`y arrive pas. Je suis incapable; c`est peut-être pour çà qu`il ne reviens pas. Un sifflotement. Tout s`accélère; j`entends une voix masculine, grave et un peu raillée, s`adresser à moi.

- Bah alors poupée, ça va pas ? Tu veux que je m`occupe de toi ?

Incompréhension. Je lève la tête, et d`abord je ne vois rien. Il fait sombre, ma vue est trouble. Puis, peu à peu, j`entrevois un garçon, peut-être le même âge que moi, & qui me regarde fixement, un sourire étrange accroché à son visage. Il est grand, porte un ensemble large, peut-être un peu trop. Une casquette complète son look à part, et je crois comprendre qu`elle cache des dreads, déjà longues et blondes cendrées. Il a parlé, m`a dit quelque chose. Je percute enfin. Une chaleur, au creux de mon torse; la boule dans ma gorge qui enfle, enfle encore jusqu`à me donner la nausée. Je sens une force se répandre dans mes membres, dans mon coeur et mon cerveau. Ma rage remonte subitement, sans prévenir.

- Pauvre con!

Je m`échappe en courant, le plus vite et le plus loin possible. Que puis-je faire face à tous ces incapables, incapables de comprendre lorsque quelqu`un va mal, incapable de penser qu`ils ne sont pas les seuls à avoir des sentiments, incapable de compatir. Je ne demande même pas à ce qu`ils me comprennent, en fait. Je veux juste qu`ils voient la douleur, et qu`elle aie l`effet d`un répulsif sur eux. Le vent fouette mon visage, je cours, je cours, je cours ...

Je rentre à la maison, mais à reculons. Je n`ai pas peur, mais devoir reparler à Lucas ... Non, je suis trop fatiguée, trop bouleversée pour continuer ce dialogue de sourd. Je pousse la porte, elle n`est pas fermée. Les lumières sont éteintes. Je parcours le corridor à pas feutrés, monte à l`étage toujours silencieusement pour arriver à ma chambre; j`entends du bruit. Je comprends qu`il vient de la chambre de Lucas; je colle mon oreille à la porte ...


Putin, excuses-moi ... Excuses-moi ... J`voulais pas tu sais, non jamais j`aurais voulu ça ... J`suis désolé, désolé ... Merde, mais qu`est-ce que j`ai fait ?

- Lucas?

Il se retourne vers moi, et là mon coeur fait une chute; il tombe très, très loin, encore plus loin qu`il y a une heure. Son beau visage ruissèle de larmes. Ses yeux bleus sont vides, un voile les recouvre. Tous ses traits sont tendus, et je ne reconnais pas mon Lucas. Mon meilleur ami depuis tant d`années. Non, jamais je ne l`ai vu dans cet état là, détruit ... déjà. Il me regarde, mais j`ai l`impression qu`il ne me vois pas. Je m`approche, le prend dans mes bras. Il pleure, pleure encore. Je me décide enfin ...

- Lucas ... Qu`est-ce qui ne vas pas? C`est pas la dispute de tout à l`heure, dis ... Parce que si c`est ça, on oublie tout ... On en reparlera à tête reposée ...
- Laisses-moi.
- Hein? Mais pourquoi?
Sa voix est rauque, sourde. Il doit pleurer depuis mon départ ...
- Fous-moi la paix, ok ?
- Mais je peux t`aider, d`habitude on fait toujours comme ça ...

- TU NE PEUX PAS M`AIDER ! C`EST TROP TARD MAINTENANT ! PERSONNE NE PEUX PLUS RIEN FAIRE ! T`AS COMPRIS ? LAISSE- MOI, CASSE-TOI !
EN FAIT NON, C`EST MOI QUI VAIS PARTIR, OUI C`EST CA, JE M`EN VAIS,
C`EST TOUT CE QUI ME RESTE A FAIRE !!!

Je ne comprends rien, tout va trop vite. Un mouvement, un claquement de porte. Il est parti. Et je n`ai rien pu faire pour l`en empêcher. Maintenant je suis seule, seule avec ma douleur. Abandon. Il ne me restait que lui, et il est parti. Je marche jusqu`à ma chambre, vide. Je m`allonge sur mon lit, et je sombre. J`ignore si c`est la fatigue où la peine, la déchirure qui me brûle si fort, et je me laisse faire ... Souffrir ...


__PDV DE LUCAS__

Comment ai-je pu faire une chose pareille. Comment. Pour la première fois de ma vie, je pleure. C`est étrange comme celà fait du bien. J`expulse tout ce que je retiens depuis maintenant deux mois. Deux mois que tout c`est passé ... Depuis combien de temps suis-je dans cet état là? Je l`ignore. J`entends la porte se fermer; elle est rentrée. Merci, merci de ne pas être partie, de ne pas me laisser. Et pourtant c`est tout ce que je veux; être seul. Je veux arrêter ce mensonge, arrêter de feindre l`ignorance, arrêter de la laisser espérer. Mais je n`ai aucun courage. Jamais je ne pourrais lui dire, dans ces beaux yeux noirs, toute la vérité. Je lève les yeux, parcours ma chambre du regard; j`ai envie d`hurler, de tout casser, de ne rien laisser en état. Tout n`est qu`image, transfiguration. Je tombe sur sa photo. Mon coeur s`accélère, le sentiment qui me ronge décuple. Culpabilité.


Putin, excuses-moi ... Excuses-moi ... J`voulais pas tu sais, non jamais j`aurais voulu ça ... J`suis désolé, désolé ... Merde, mais qu`est-ce que j`ai fait ?

- Lucas ?

Merde. Je ne l`ai pas entendu arrivé. Je n`ose pas la regarder en face. Chacun de ses regards me brûle un peu plus. Je me sens si mal, Iris. Je t`aime tellement, tu es l`amie que j`ai toujours rêvé d`avoir. Et j`ai tout gâché, tout. Pardonnes-moi, je t`en supplie. Elle me regarde dans les yeux, mon coeur se tord de douleur. J`ai honte qu`elle me vois dans un état pareil.

- Lucas ... Qu`est-ce qui ne vas pas? C`est pas la dispute de tout à l`heure, dis ... Parce que si c`est ça, on oublie tout ... On en reparlera à tête reposée ...

Elle est muette d`incompréhension. Je sens son choc, sa peur. Mais je ne peux plus reculer, à présent. Iris, je ne suis pas celui que tu crois. Je t`aime et je t`ai trahi, pardonnes-moi. Et pardonnes-moi ce que je vais te dire.

- Laisses-moi.
- Hein? Mais pourquoi?

S`il te plais arrête de me fixer comme ça, tu me fais mal.

- Fous-moi la paix, ok ?

C`est si dur de te dire ça. Non, pas ces yeux là, pas ce visage, pitié.

- Mais je peux t`aider, d`habitude on fait toujours comme ça ...

Je sais, putin. Je sais, arrêtes tout. Tais-toi. Je ne te mérite plus, je regrette tellement. Mes larmes roulent. Je t`aimais Iris, merci d`avoir bien voulu de mon amitié. Je rassemble mon courage, et je le dis. Je sens qu`il est temps de mettre le point final à ceci. J`arrête de jouer ce rôle, tombée du rideau. Adieu ma belle.

- TU NE PEUX PAS M`AIDER ! C`EST TROP TARD MAINTENANT ! PERSONNE NE PEUX PLUS RIEN FAIRE ! T`AS COMPRIS ? LAISSE- MOI, CASSE-TOI !
EN FAIT NON, C`EST MOI QUI VAIS PARTIR, OUI C`EST CA, JE M`EN VAIS,
C`EST TOUT CE QUI ME RESTE A FAIRE !!!

Et je me lève, et je cours, et j`ai mal, ... et je ferme la porte. Adieu, adieu ... Je ne dois plus t`infliger ma présence, dans peu de temps tu comprendras, oui, bientôt tout sera clair. Et alors tu réaliseras, et tu sauras pourquoi j`ai fais ça. Patiente encore un peu, profites, profites de cet intermédiaire entre la vie que l`on menait et celle que tu devras accepter. Un dernier regard à cette maison, cette fenêtre. Je me retourne, et je marche. je ne sais pas où je vais; je n`en ai plus l`utilité.

Itinéraire: destin.

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__PDV DE BILL__

Nous rentrons à l`hôtel; il est peut-être 2 heures du matin, je me sens vraiment H-S. Gustav propose une partie de console, je ne sais pas comment il fait, d`autant plus que c`est toujours le premier à se lever. Je décline l`offre, je suis vraiment trop fatigué. Tom & Georg semblent emballés, même si je vois bien que c`est uniquement dans le but d`oublier ce qui c`est passé. Depuis le chemin du retour Tom n`a pas prononcé un mot, il semble perdu entre ses pensées et sa confusion. Jamais il ne s`était pris une gifle aussi énorme venant d`une fille. Je pense que ça lui fera du bien, une petite remise en question. Pourquoi toujours partir gagnant dans un jeu de hasard ? C`est bien lui ... Il a l`air moins saoul en tous les cas. Nous nous séparons dans le hall: Ils se dirigent vers la chambre de Gustav, tandis que moi je me précipite vers la mienne. J`ouvre la porte grâce à la carte magnétique et je m`affale sur les draps soyeux; mes yeux se ferment doucement ... Je me serai presque endormi si je ne m`étais pas rappelé soudainement les deux objets trouvés, relique d`un souvenir étrange et voluptueux. Je m`assois sur le lit rapidement, et je sors de ma poche, avec milles précautions, la photo et le papier. J`étudie d`abord la première. Elle représente un jeune homme, mon âge environ, d`une beauté presque parfaite. Il à l`air gentil, son regard vert sombre reflette une personnalité douce et joyeuse. Ses cheveux sont roux, très sombres, et son sourire un peu triste lui donne un charme qui doit faire des ravages. Je retourne la photo: il n`y a rien, mis à part une petite phrase qui me fait l`effet d`une bombe à retardement:

pour Iris, mon soleil et ma vie.


Je fais la relation avec la fille de tout à l`heure; elle s`appelle donc Iris. Ce prénom résonne dans ma tête comme une chanson triste et fragile. Ce garçon, sur la photo, c`était son petit-ami? L`image est encore humide, tant elle à pleuré dessus. Je ne comprend pas. J`ignore la vague de questions qui m`engloutie, et je déplie l`autre papier. D`un regard d`ensemble, j`ai l`impression que c`est une lettre qu`elle a écrite de sa main. Je regarde au bas de la page: c`est bien signé Iris. Une voix dans ma tête me dis de ne pas lire cette feuille, se serait s`insinuer dans sa vie alors que je n`ai aucun rapport avec elle. Mais quelque chose me murmure au contraire d`en découvrir plus sur elle, sa personnalité, son écriture. Elle m`a fait un effet si puissant tout à l`heure ... Mes yeux se posent sur la première ligne ...

Quand tout est fini

Mes étoiles ont perdues leur soleil
Leur éclat est triste & froid
Je me souviens tes lèvres vermeil
Je suis à nouveau dans tes bras

Mon ciel bleu est devenu orage
Je suis perdue dans ce vaste ocean
Ou es-tu parmi ces nuages?
Je ne distingue plus que le néant

Quand les lumières s`éloignent
dans le néant du ciel
Quand le froid empoigne
le coeur qui se gèle
Quand on perd
ce qui nous raccrochait ici
Quand on sert
une image perdue dans l`oubli

Je ne sens plus ta présence
J`ai froid quand tu n`est pas là
Et cette brûlure qui me lance
Je souffre tellement sans toi

Reviens
Je ne suis plus rien
reviens
Je ne tiendrai pas jusqu`au matin
Reviens
Reviens

Quand les lumières s`éloignent
dans le néant du ciel
Quand le froid empoigne
le coeur qui se gèle
Quand on perd
ce qui nous raccrochait ici
Quand on sert
une image perdue dans l`oubli

Tout est fini


Les lignes défilent, rapides. & je comprends. Les sonorités, les mots, les images ... C`est une chanson. Si belle ... Des frissons dans mon dos et les mains qui en tremblent. Qu`est-ce qui m`arrive ...


# Postato giovedì 24 aprile 2008 16:46

Modificato venerdì 09 gennaio 2009 08:20

. Chapitre n°3 .

__PDV D`IRIS__

Tout est flou ... J`ouvre les yeux lentement, la pièce est baignée d`une lumière un peu trop vive pour un matin d`hiver. Mon oreiller est trempé, mes joues collent ; & je comprends, & je me souviens. L`altercation, la fuite, la précipitation, l`angoisse, et Lucas. Merde. Putin mais qu`est-ce-que j`ai fait ?? Est-ce que c`est de ma faute, tout ça? L`un est déjà parti, il a fallu que je brise ma relation avec l`autre; le seul. Oui, c`est de ma faute ... Et maintenant il n`est plus là. Ma tête me lance affreusement. J`ai envie de vomir. Encore. Toujours. Il me faut mon médicament, la seule chose qui me remplie de lumière et de souvenirs un peu trop loins, déjà. Je cours vers ma veste, je trébuche, les cheveux en bataille et les yeux rivés vers l`objet qu`il me faut. Je me relève, écarte d`un geste les objets qui entoure mon vêtement. Mon coeur s`accélère tandis que j`engouffre ma main dans la poche; incompréhension ... Je cherche, je remue, j`empoigne la moindre parcelle de tissu ... Et je réalise: elles ont disparues. Elles ne sont plus dans ma poche. La chanson et la photo.
Non. Non. Noooooon !


& je tombe loin, trop loin pour être rattrapée. Que quelqu`un m`aide ... Mais je n`ai plus personne.
Je m`affaisse, lentement, contre le sol dur de ma chambre. Mon coeur s`arrête, et je hurle. J`apprends à hurler plutôt. je hurle encore, toujours ... Ce n`est pas possible. Je me relève comme folle, je ne contrôle aucun de mes gestes, et je cours à moitié nue dans ma petite chambre, je cherche partout, sous les meubles, dans les tiroirs, je regarde même sur moi ... La réalité me pique les yeux et gonfle mon coeur d`une rage qui dépasse l`imaginable.

Je vis dans un cauchemar ...

Non, je suis mon propre cauchemar.

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ellipse de 6 heures ...


__PDV DE TOM__

Putin de mal de crâne de merde ! Je le sais pourtant, boire comme un trou, ça ne m`a jamais réussi. J`ai un vide énorme, le néant comme on dit. J`ai pas honte... mais presque. J`ouvre l`armoire à médicaments devant moi, j`attrape l`aspirine et je fais tomber quelques boîtes de je-ne-sais quoi. Bill n`est pas venu me voir aujourd`hui, seuls Gustav et le Hobbit squattent ma chambre en jouant à la X-Box. ( Soit dit en passant je ne sais absoluement pas comment ils font, quand je compare avec mon état . J`ai peut-être un peu trop bu finallement ...) J`avale le comprimé rapidement: attiré par le bruit de chute des boîtes, Georg a compris que je n`étais pas dans la salle de bain pour les chiottes; je me retourne, il me regarde un peu étrangement et je fais comme si je ne comprenais pas .

- Qu`est-ce que tu fous? pourquoi tous ces médicaments sont par terre? Ca va pas?
- Tu fais chier, bien sûr que ça va! J`ai juste voulu ... ranger un peu.
- Sans déconner? L`armoire à pharmacie d`un hôtel 5 étoiles? Montres un peu ...
- Ouai, figures-toi que des fois, ils rangent par taille et non par ordre alphabétique et ...
- Me prends pas pour une bille Tom, t`as mal où?
Je rennonce à me battre, j`ai trop mal pour lui crier dessus .
- J`ai trop bu hier soir, je ne me rappelle de rien, le trou noir tu vois; et là actuellement j`ai méga mal derrière le crâne, j`ai la tête qui tourne et si j`avais pas vomis trois fois, je crois que je serais dans les pommes !!!!
- Nan sérieux?
- Putin Georg crie pas comme ça ou je t`explose la gueule; oui j`ai mal à la tête!!
- Excuses; moi j`ai plutôt géré et j`ai pas trop mal; enfin tu as du y aller un peu fort, quand même. Je sais bien que tu as mal vu la tête que tu te tapes; nan mais je veux dire ... T`as aucun souvenir de ... d`elle?
- Que ... Qui elle? Celle que je me suis tapée hier ?
- Tom ...
Il soupire ... Pourquoi il ne me suis pas dans mon délire? D`habitude mes blagues le font toujours rire, je ne comprends pas très bien. Il a du se passer quelque chose avec une fille, mais quoi? Bah, peu importe, c`était une parmi les autres, tant d`autres ... Il s`éloigne et va s`assoir sur mon lit aux côtés de Gustav, reprends sa manette de jeu. Ils ont l`air nazes, quoi qu`il puisse dire. Je me regarde dans la glace; j`avoue c`est pas la grande forme. Je me ferais presque peur si je ne savais pas que d`ici quelques heures, tout serait parti, estompé. J`en ai tellement marre parfois . Paraître, non être ... Je décide de prendre une douche rapide. Je me déshabille, entre dans la cabine, et l`eau ruissèle sur mon corps. Je reste, inerte, sous le liquide brûlant. J`oublie tout ce qui m`entoure et je rêve d`une vie où personne ne se retournerait sur mon passage. Tout est trop facile, trop bien. Un soupir, complainte muette de mon âme. Je sors, m`essuie doucement et décide d`aller voir ce que trafique mon jumeau.


__PDV DE BILL__

Etrange. C`est le seul mot qui puisse définir ce que je ressens. J`ère depuis ce matin dans cette pièce, je tiens dans la main cette chanson, ce simple morceau de papier. Je frôle les murs du bout des doigts, je regarde de tous les côtés à la recherche de je ne sais quoi. Je me sens vide et pourtant rempli d`une sensation indéfinissable. Je possède quelque chose d`une inconnue, j`ai la trace d`un souvenir sérré dans mes doigts. Je connais la mélodie par coeur, elle est gravée au fond de moi. Jamais un texte ne m`a autant bouleversé. Je suis une fille, je crois. J`ai l`anatomie d`un homme, et pourtant je fais tout pour afficher la féminité qui englobe mon moi. J`ai les goûts correspondants; je veux dire les bijoux, les cheveux longs, le maquillage, les vêtements, et tellement d`autres choses ... Mais surtout, au fond de moi, je ne suis pas plus fort qu`une fillette. Je trompe, parce que c`est la seule alternative que j`ai. Je mens tout le temps. Mes traits me trahissent, trop doux pour ceux d`un adolescent censé géré un business de milliardaire. Je pleure trop vite, j`ai mal trop souvent, je ne sais pas me protéger. Et ces mots qui restent en moi, que je ne peux déloger ...

" Et les étoiles sont un peu trop pâles Comme moi, elles ont perdues leurs soleil ... "

La photo. Qui est-ce? Représente-t`il beaucoup pour elle? Est-il son frère, son cousin, ...? Ne sois pas stupide, Bill, son cousin n`aurait jamais écris "pour Iris, mon soleil et ma vie ..." Non, ce devait être son petit-ami. Déchirure, malgré moi. Quelqu`un approche.

- Bill ? Bill c`est moi, Tom! On t`as pas vu de la journée, qu`est-ce qui se passe? Je peux entrer?
Bien-sûr, ils doivent s`inquiéter. Sa voix tremble un peu, il me semble.
- N`entre pas, je suis affreux. Je ne me sens pas très bien, je tiens à peine debout !

" Mensonges, tout me semble sonner faux ... "

Que puis-je lui dire d`autre. Excuses-moi, je ne veux pas t`ouvrir ce qui me reste d`intime, c`est bien trop précieux.
- Heu ... T`es sûr que ce n`est pas l`alcool? Parce que moi je ne me souviens de rien à propos d`hier, tu sais, et je ne me sens pas au mieux de ma forme ... Donc tu peux me le dire si c`est une cuite, tu sais ...
J`ai beau être ton jumeau, ton frère, il y a certains points où tout est différent, entre nous. Tu aime boire pour compenser le manque, moi je préfère mentir autrement. Il a tout oublié ... Comment est-ce possible. Elle l`a insulté, ça n`arrive jamais ce genre de choses. J`étais sûr qu`il s`en souviendrai, pourtant ... Est-ce que tout ça était réel, au fond? C`est trop étrange.
- Non, ce n`est pas l`alcool, Tom. Je suis juste très fatigué, c`est peut-être qu`on a trop marché hier ...
- Ho, c`est con, on avait l`intention de sortir justement, ce soir, pour marquer le coup, tu vois? Peut-être pas pour rentrer dans un état comme celui d`hier (soit-dit en passant Georg n`est pas mieux que moi ) mais plutôt pour profiter une dernière fois ...
Mon coeur fait un bond. Je ne veux pas réaliser. Je suis trop con putin, trop CON !
- Tu veux dire que ... c`est notre dernier jour à Paris ?!
- Bravo génie ... Tu savais pas?
MERDE MERDE MERDE!
- Si, je le savais ! Avec la fatigue ça m`avais un peu ... échappé .
- Je vois ... Bon t`es partant?
- Heu oui, oui !
- Dans 20 minutes dans le Hall, alors? J`ai appelé David, il est d`accord à condition qu`on respecte les règles habituelles ...
- Ok, à tout !
- Dépèches-toi hein !

Je me déteste. Dernier jour dans cette ville magnifique, dernier jour durant lequel j`aurais pu faire autre chose que me morfondre sur ces deux papiers ... Et puis il y a elle. Je souhaiterai la revoir, une fois seulement. Elle ne sortira jamais de mon esprit.


__PDV DE LUCAS__

Je me souviens ce jour où lui et moi, on c`était rencontré. Il était nouveau dans le lycée, tout le monde le regardait de travers dans cette seconde A. Seul, il parcourait anxieusement la salle, le prof et les élèves du regard. Il m`avait attiré tout de suite, par son style hors du commun contrastant avec sa timidité, ce visage doux et ouvert; et j`ai découvert par la suite que je ne me suis jamais trompé sur son compte. Il est, très rapidement, devenu un copain; on s`asseyait à côté durant les cours, puis on a commencé à vraiment parler de nous et on c`est trouvé des tas de points communs. Il aimait la musique, le cinéma, les livres ... Très ouvert, j`avais l`impression de voir mon double. On s`était trouvé, et peu à peu, on est devenu indispensable l`un à l`autre. Les soirées qu`on organisait étaient mémorables, car à nous deux, nous formions un duo enviés par tous ; nos sortis entre amis étaient géniales, à chaque chacun faisait découvrir quelque chose de nouveau à l`autre. Il n`était pas comme tous ces pauvres gars imbus de leurs personnes et qui considèrent que si l`on est pas leurs copies conformes, alors on ne sert à rien. Au début on avait une image d`intellos qui s`est bien vite estompée: on sortait du lot, indéniablement.


& puis il y a eu elle. Iris.


# Postato lunedì 19 maggio 2008 15:02

Modificato venerdì 09 gennaio 2009 08:20

. Chapitre 4 .

. Chapitre 4 .
__PDV DE LUCAS__

« Comme une fleur qui s`est éclose au moment le plus inattendu. Elle est arrivée, et le chemin sur lequel elle a marché s`est brusquement illuminé. Je me souviens, la première fois que j`ai croisé son regard. Des yeux noirs presque trop foncés pour moi; comme deux pierres précieuses dans un écrin de velours. Un visage angélique mais une âme de braise, voilà ce que je me suis dis. Et je ne m`étais pas trompé. Seulement elle était à part, elle aussi. Solitaire, elle marchait le regard vide, dans son monde, un microcosme dont elle seule avait la clef. On se frôlait, on se croisait, mais jamais elle ne m`a parlé. Elle dégageait quelque chose que je ne saurais pas définir, entre la peur et la domination. Oui, elle a toujours été au dessus de tout.

Lorsque ma relation amicale avec Maxence est devenue intense, lorsque nous défilions, tels des rois au milieu de notre cour, alors seulement elle a détourné la tête vers nous, alors seulement, elle nous a regardé. Ce n`était pas des yeux admiratifs, envieux, jaloux qui nous fixaient, comme ceux que l`on sentait pesés sur nous à longueur de temps. Non, c`était un regard éteint, froid, méprisant. Beauté dédaigneuse, effrayante ; c`est ce jour là qu`on a réalisé : nous avions trouvés notre reine. »


__PDV DE GUSTAV__

« - Tu vas où ?
- Parler à Bill ; m`attendez pas, je sais pas combien de temps ça va me prendre.
- Attends !
- Quoi ?
- Tu vas lui demander quoi ?
- Pourquoi il est pas venu avec nous depuis ce matin, ça m`inquiète.

Je me demande ce qu`il a ; il nous fait jamais ce genre de trucs d`habitude. Enfin, on verra bien ce qui se passe quand Tom reviendra. Le jeu reprends avec Georg ; les minutes passe, c`est tout de suite moins drôle sans Tom. Je pose ma manette, et je m`éloigne doucement.

- Tu joues plus ?
- Je reviens dans quelques minutes, j`ai besoin de prendre l`air. Envoies-moi un sms dès qu`il reviendra, ok ?
- Ok ...
- A tout`.

Excuses Georg, mais je me faisais trop chier. Je vais vite enfiler un pull, et je descend dans le hall d`entrée de notre hôtel. Tout brille, c`est magnifique. Resplendissant. On vit dans le luxe, maintenant ... Et je n`en reviens toujours pas. A quoi bon faire un monologue sur ce qui à été tant de fois remué : on est des stars, on doit juste s`adapté au milieu. La vie d`avant me manque, tout de même. Je sors, il fait froid. Dernier jour en France, j`ai pas envie de rentrer. J`ai pas envie de faire une nouvelle tournée, je suis fatigué. Enfin, on a pas le choix. J`aime bien ce pays. Les gens sont étranges, ils sont tous dans leurs mondes, on dirait qu`ils ont tous un but lorsqu`ils marchent. Ils savent où ils vont, eux. Moi j`ai le sentiment de foncer dans le mur, encore et encore, toujours plus vite. Mais le marché, c`est de ne rien dire, juste de faire ce qu`on nous dit. Alors je me tais. Je remonte mon écharpe un peu plus haut, j`ai cru voir une fille se retourner sur mon passage. Je détourne mon regard et j`accélère le pas. Une attitude que je déteste mais qui est indispensable à ma solitude. Tout à coup, une petite lumière brillante descend doucement dans l`air de cette fin d`après-midi. Elle finit sa chute sur le trottoir, juste devant moi. Une autre l`imite, puis une autre, puis une autre. Je lève la tête, et des millions de minuscules confettis volent autour de moi. Mes lèvres s`étirent en un sourire : il neige. Je crois rêver, et soudain on me bouscule et je retombe dans la réalité. Je regarde la personne, elle se retourne. C`est un gars du même âge que moi je crois. Son visage est marqué par la tristesse, et ses larmes reflettent les petits flocons qui nous enveloppent. Il me fixe un moment, puis d`une voix raillée finit par me dire pardon en français, avant de s`éloigner rapidement. Cette rencontre me rends tout à coup très triste, je me sens horriblement coupable pour lui alors que je n`ai rien à voir avec ses pleurs. A quoi sert d`être riche et reconnu par la moitié du globe, si on ne peut même pas venir en aide à ceux qui n`ont pas notre chance ...

Mon portable vibre ;

« Tom propose une petite balade pour notre dernier jour ici ; t`es partant ? Au fait : Bill vient. »

Je fais demi-tour lentement, et je rentre vers l`hôtel d`un pas rapide ; je laisse derrière moi le hasard de cette rencontre, et la peine qu`elle a engendré avec. »


__PDV D`IRIS__

« Quelle heure est-il ? Je n`en sais rien. Le temps coule, et je m`y noie. Si seulement il était là ... Je me déteste, à rechercher la présence de quelqu`un pour parvenir à avancer. Je n`ai pas toujours été telle que je suis maintenant. Mais j`ai goûté à une drogue qui rend bien plus dépendante que les autres. On pense défaillir lorsque on a pas notre cigarette le soir en rentrant du travail ... On est exaspéré lorsque on réalise qu`il ne reste plus une goûte d`alcool ... On se sent partir lorsque, à moitié inconscient, on cherche désespérément les précieux médicaments ... On panique lorsque on sent notre c½ur ralentir, car notre corps réclame sa dose de shit ... Je crois, maintenant, qu`on ne sait rien de ce qu`est la réelle dépendance, celle qui vous prends par les tripes et qui vous cloue au sol, telle une pauvre marionnette à qui on a lâchement coupé les fils ... Celle qui vous empêche de faire un pas sans sentir votre c½ur gémir tellement il souffre, celle qui vous ôte tout discernement, toute objectivité, celle qui vous tue alors que vous continuez d`avancer, mais pour aller où, vous ne savez pas, vous ne saurez peut-être jamais, et puis à quoi bon, de toute façon vous êtes voués à la mort ? Tout cela, je le vis en permanence parce que je n`ai pas eu droit à une cure de désintox. Oui, je suis en manque.

Ma drogue avait un nom : Maxence.

J`entend ce mot résonner dans mon esprit et la douleur s`insinue en moi. Je me dirige vers la salle de bain, titubante. Je me regarde dans mon miroir ; qui suis-je ? Pâle, beaucoup trop pâle, les yeux cernés d`un mauve inquiétant, la bouche presque translucide, on me croirait morte. Je le suis déjà, morte. Sans toi je ne suis rien. Maxence, Maxence, Maxence. Tu étais mon tout, ma vie, mon sang, mon c½ur. Que t`est-il arrivé ? Tu sais, se demander en permanence si tu es quelque part ou si tu n`est plus rien, si je dois garder espoir ou si, au contraire, je dois me laisser partir ... Depuis cette nuit, cette fameuse nuit qui, telle un film que l`on ne peut arrêter, défile devant mes yeux en permanence. Où Lucas me dit qu`il y a eu un accident, qu`il s`en ai sorti sans problème, mais qu`il a vu ta voiture partir dans le ravin, et qu`il a beau avoir hurlé aux ambulanciers de revenir te chercher, ils n`ont trouvés qu`une carcasse de véhicule et personne à l`intérieur. Oui je revois la scène en non-stop comme si quelque chose, même après quatre mois, pourrait m`avoir échappé. Où est-tu. Que dois-je faire. Mais j`ai déjà tout fait, la police, les enquêtes qui n`aboutissent pas, les cris, les pleurs, les prières, le sang, la peur, les cauchemars, les lettres, tout, tout. TOUT. Et pourtant, RIEN. Tu n`est plus rien, qu`un souvenir, une photo qui m`a échappée, elle aussi. Une réminiscence de bonheur. Tu n`est plus que ma mort. »


__PDV DE BILL__

« En 10 minutes, je suis douché, maquillé, coiffé et habillé. Je crois que j`ai battu un record ! Je regarde par la fenêtre : il neige. Parfait, j`adore ce temps. Je met une écharpe un peu plus conséquente (la blanche convient mieux), et je me précipite vers l`ascenseur. Dans ma poche, La chanson et la photo l`attendent. J`arrive dans le hall, ils m`attendent tous les trois. A ma vue, ils sourient et Gustav me dit être heureux de me revoir sur pieds. Tom à du leurs dire que j`étais malade, c`est bien, ils ne se doutent de rien. C`est stupide de nourrir l`espoir de la revoir une dernière fois avant notre départ, et pourtant j`y crois, au fond de moi. Nous nous mettons en marche, et la conversation reprends comme si rien ne c`était passé. L`air de rien, j`essaye de me souvenir vers où se trouvait la rue où tout est arrivé. Peu à peu je me souviens et nous nous rapprochons du fameux endroit. Mon c½ur commence à accélérer sa cadence. Les rues sont enneigées, c`est magnifique. On dirait que quelqu`un à saupoudré Paris d`une pincée de paillettes argentées. Comme pour compléter le tout, le soleil démarre sa longue chute, et le ciel blanc est resplendissant. Il fait très froid, maintenant. Nous y sommes presque ... Sera t`elle là ?

- Bill ?
- Oui ?
- Tu sais où on va ? Cette rue me dit quelque chose ...
- Heu oui à peu près ; au pire, on appelle David et on lui dit le nom de la rue, il viendra nous chercher.
- T`as raison, je suis bête.
- Attends, on est pas déjà passé par là ?
- Ha bon ?
- Nan je dois me planter, j`ai rien dis.

Un peu plus et Gustav découvrait le pot aux roses. Nous descendons la rue et mon c½ur s`emballe ; la prochaine à droite ... »


__PDV DE LUCAS__

« Et puis une période assez longue s`est écoulée ; une période durant laquelle Maxence ne cessait de me parler d`elle. Il l`avait remarqué, et faisait tout pour la conquérir. Rien n`y faisait, elle n`écoutait que ce qu`elle voulait. Plus il ramait, plus il s`attachait à elle. Ils se créa une relation ambiguë entre elle et lui : une sorte de jeu dans lequel celui qui méprisait le plus l`autre remportait la partie. Un jour, il en est même venu à me parler de fuir, le plus loin possible, pour lui faire comprendre à quel point il se foutait (ne vivait que) d`elle. Je ne sais comment, trois jour avant qu`il parte, elle est venu le voir ; elle lui a dit qu`elle savait pour le voyage, qu`elle ne le laisserai pas faire. Elle en avait marre de jouer à ça, de faire comme si de rien. Elle avait peut-être perdu le jeu, mais elle avait gagné son c½ur. Aussitôt, elle est partie en courant. Et il lui a couru après, les larmes aux yeux. Quand il lui a prit le bras, elle s`est retournée et il a vu qu`elle aussi, elle pleurait. Alors, voyant leurs larmes remplacées par une gêne mutuelle, ils ont éclatés de rire. Et il l`a embrassé. Ce jour là, j`aurai tout fait pour revenir en arrière. Ce jour là, j`ai cru que j`allais mourir de souffrance et de haine. J`ai crié de désespoir et de rage. Un cris intérieur qui me déchira l`âme. Ce jour là, je me suis fait la promesse de reprendre ce qui m`appartenait, par n`importe quel moyen.
Elle serait à moi, ou à personne. »

# Postato giovedì 03 luglio 2008 11:58

Modificato venerdì 09 gennaio 2009 08:21